“En première ligne !”

 

Mobilisés face à la crise du Covid-19.

 

« Il fallait s’adapter au mieux, faire face à l’inconnu et rester confiant et positif malgré un climat d’incertitude pesant et très présent. » Jonathan Bonnet

Beaucoup de lauréats des Trophées Sport & Management se sont engagés de façon remarquable pendant la crise du Covid-19 ! Chacun dans leur domaine.

Souvent discrets, nous avons souhaité les mettre en avant et cette rubrique leur est dédiée. Ils symbolisent l’implication réelle et souvent peu visible, au plus près du terrain et des difficultés, de nombreux bénévoles, sportifs, élus et autres responsables que nous souhaitons saluer et remercier à travers eux.  

Leur exemplarité donne encore plus de sens au travail que nous avons engagé depuis 2013 pour valoriser l’innovation sociale, les acteurs de terrain et nous inspirer pour demain.

Elle préfigure enfin le coup de projecteur que le jury donnera au sujet lors de la 7èmeCérémonie des Trophées Sport & Management prévue le 7 ou le 14 octobre prochain.  

Jonathan Bonnet, 28 ans est le lauréat du Trophée Reconversion professionnelle SHN en 2019 (-35 ans).  Il est double champion du monde de Boxe Française Savate (-60kg) et interne en néphrologie au CHU de Limoges. Après la récompense reçue à l’Assemblée nationale et la reconnaissance du travail accompli pour mener à bien son double projet, il a vite renoué avec la réalité du terrain à l’hôpital au plus fort de la crise.

Jeune interne, il a fait partie de la « première ligne » au contact direct de la maladie. Nous l’avons interviewé pour l’inviter à nous décrire son quotidien au plus près des malades pendant ces 2 mois de mobilisation intensive des soignants. C’est de façon simple et presque détachée qu’il nous a détaillé son expérience forte au service des autres.

Intervenant au sein d’un service particulièrement exposé, il s’est investi sans compter ses heures et a fait face aux nombreuses péripéties tout au long de cette période compliquée. Fortement engagé, toujours bienveillant et positif malgré un climat oppressant, il nous a décrit un environnement de travail bousculé et très sollicitant, mais une solidarité humaine, et une énergie collective intacte et totale dans son hôpital.

Nous vous livrons quelques extraits de son témoignage :

« (…) Ça a pas mal chamboulé le service. On a dû mettre en place très tôt des mesures d’hygiène plus poussées avec le port du masque obligatoire, des précautions au contact, du gel hydroalcoolique pour avoir une hygiène irréprochable et limiter les risques de contagion et d’infection. On n’avait pas l’habitude de faire ça de façon aussi drastique. Il y avait des signes pathogènes un peu atypiques, qui nous amenait à suspecter systématiquement et par prudence des cas de Covid, créant une ambiance tendue et éprouvante. Dans mon service, on a fait quelques découvertes de cas positifs, j’étais en néphrologie, donc soit les découvertes étaient graves et on les transférait dès que possible vers les autres services, notamment vers celui de réanimation, en prenant de multiples précautions, soit elles n’étaient pas grave et on transférait les patients vers le service infectieux, pour gérer au mieux les lits et récupérer d’autres patients. Les patients étaient pris en charge dès les urgences selon des critères de gravité que nous avions redéfinis et qui étaient respectés par tous. On les récupérait ensuite dans notre service. 

Notre équipe s’était créé un petit coin Covid au fond du service avec tout le matériel et le rappel permanent affiché de toutes les mesures anti-contact (la surblouse, les gants, le masque FFP2, …). Car si notre région semblait moins exposée que d’autres, nous étions tous réellement mobilisés, solidaires et sur le qui-vive. Sachant en effet qu’en néphrologie on a des patients assez fragiles, souvent polypathologiques, parfois même des greffés rénaux, cette population était donc fortement à risque et nécessitaient une surveillance de tous les instants, des mesures de précaution et de désinfection très rigoureuses, régulières et minutieuses, le besoin d’une hygiène absolue… Il fallait faire attention à ne pas se contaminer, mais aussi à ne pas contaminer les autres patients en essayant d’aménager au mieux le circuit endémique pour éviter de mélanger ceux qui avaient le Covid de ceux qui ne l’avaient pas.

Contrainte par la crise, l’organisation du service a été un peu ajustée, créant des petites tensions entre les services et l’administration, cette dernière essayant de s’adapter du mieux possible au fil de l’eau face à une situation complètement inédite, cristallisant par là-même l’inquiétude déjà palpable du personnel soignant médical et paramédical. Il fallait donc s’adapter au mieux, faire face à l’inconnu et rester confiant et positif malgré un climat d’incertitude pesant et très présent. (…)

La crise est un peu derrière nous, mais nous restons en alerte. On n’est jamais à l’abri d’une seconde poussée. C’est donc bien de continuer à respecter les mesures de précautions et de dépister au mieux les patients atteints qui présentent une symptomatologie un peu atypique. Côté perso, je veux plus que jamais essayer de devenir un bon interne, en continuant le programme de révision, et en acceptant de beaux horaires de travail… Au début de mes études d’internat, cette expérience unique a conforté ma vocation médicale et m’a énormément appris. J’adore ce que je fais, la néphrologie comme spécialité, c’est une des plus variées : il y a le côté urgence, avec tout le côté bionique, infectieux, hémato ; C’est hyper large et hyper intéressant. Ce semestre était génial, une équipe au top, des cas cliniques très intéressants malgré un contexte parfois éprouvant avec de bonnes doses d’adrénaline parfois, mais tellement enrichissant humainement et professionnellement. Cette crise m’a permis de nouer des liens très forts avec toutes les équipes mobilisées dans l’hôpital. (…) »

Merci Jonathan.