Ils sont partenaires ou membres du jury des 6ème Trophées Sport & Management.

Découvrez les parcours de ces experts

Qui sont-ils ?

Laurent Jaoui, l’animateur de la cérémonie des Trophées Sport & Management, vous fait découvrir un membre du jury de cette 6ème édition.

L’histoire de Jean-Luc Sadik, c’est d’abord une rencontre. Lui, l’étudiant en commerce-bon joueur de tennis écume les courts d’Epinay sur Seine. En ce milieu des années 80, le directeur des sports de cette ville de banlieue s’appelle Roger Bambuck. Bambuck, vous avez bien lu ! Médaillé de bronze par équipe sur le 4 fois 100 mètres à Mexico, détenteur du record du monde du 100 mètres en 1968. Jean-Luc Sadik prodigue quelques conseils à l’ancien athlète pour améliorer revers et coup droit. Début d’une amitié, d’une filiation. Les deux hommes ont dix sept ans d’écart. Echanges vifs, constructifs autour de la reconversion des sportifs de haut niveau. Directeur des sports d’une ville de la banlieue parisienne un jour, Secrétaire d’Etat aux Sports du gouvernement Rocard le lendemain. Installé au Ministère, Bambuck charge rapidement son jeune ami de travailler sur la reconversion des sportifs. Sadik pond un rapport dans lequel il établit que le monde du sport et celui de l’entreprise ne se connaissent pas. Réponse du nouveau ministre : « Il faut que cela change rapidement. » Quelques mois plus tard, début 1989, Jean-Luc Sadik crée TPS (Transfert Performance Sport). C’est parti ! Premières missions : mettre en place un observatoire du suivi social. Identifier les anciens athlètes, voir ce qu’ils sont devenus, organiser des actions autour de la gestion de la reconversion. Quelques années plus tard, le champ de compétences s’élargit. Le jeune chef d’entreprise se rapproche de la préparation olympique à l’INSEP. Objectif : former les DTN à la pratique managériale, leur apprendre à gérer le temps, le stress, dépasser le cadre de leur domaine de compétence pour devenir des managers de haut niveau. C’est l’époque des rencontres décisives. Les hommes de la PO (acronyme de préparation olympique) : Pascal Marry venu de la fédération d’équitation, Alain Mouchel, en provenance du handball. Des heures et des heures de séminaires, de fous rires, de lutte avec le ministère de tutelle, de coups de téléphone passés à pas d’heure pour peaufiner un dernier détail. C’est aussi la période de l’émergence de DTN de plus en plus multifonctions : Sadik cite spontanément Fabien Canu (Judo), Claude Fauquet (Natation), Robert Poirier (Athlétisme). Coups de foudres professionnels. Et amicaux. La structure s’épaissit, de prestigieux parrains aident Sadik : rencontre décisive, avec le charismatique Jean-Claude Perrin. L’homme de Colombes, un type a la voix de stentor, celui qui a fait sauter très haut Quinon, Vigneron et Abada à Moscou et Los Angeles. Le gamin d’Epinay accroche immédiatement avec le titi du stade Yves du Manoir (« on avait des affinités de banlieusards »). Autre point commun, plus intime celui-là : le paternel de Jean-Luc et Coach Perrin ont été, tous deux, militaires. Former des managers, faire en sorte que les sportifs intègrent le monde de l’entreprise est une noble activité. Mais pas suffisamment mise en lumière. C’est bien d’avoir le savoir-faire, encore faut-il être efficace dans le faire savoir. Au cours des années 2000, Jean-Luc Sadik va créer plusieurs clubs, lieux de rencontres entre sportifs, représentants patronaux, collectivités locales et territoriales. Décloisonner les deux univers, clé de voute du système Sadik : Club de la Performance dans un premier temps, Club Sport et Management ensuite, avec huit rencontres par an. Tout ce bouillonnement intellectuel devait bien déboucher sur une initiative, une concrétisation. Ce seront les Trophées du Sport et du Management. Première édition en 2014. « Comme rien ne venait d’en haut, je me suis dit qu’il fallait avancer. Je me devais d’aller plus loin que le simple assemblage de gens de qualité. Il fallait que des projets soient récompensés ». Rapidement, une certitude. Les trophées deviennent incontournables. Réunissant plus de trois cents personnes à l’Assemblée Nationale. Près de deux cents candidatures lors de la dernière édition. Jean-Luc Sadik a un double credo. « Premièrement : le monde sportif a une aversion du risque. Deuxièmement : je crois à l’intelligence collective. » Tout n’est pas toujours facile, il faut convaincre, décrocher son téléphone, se montrer insistant sans être dérangeant, passer par la fenêtre quand on vous a claqué la porte au nez. C’est le prix à payer lorsqu’on aspire à devenir incontournable. Ce statut d’expert reconnu, Sadik ne l’a pas usurpé. Parfois atteint, jamais fatigué, il poursuit sa route. Sûr de son fait. Avec chevillée au corps, l’envie de transmettre. Accompagner les sportifs d’aujourd’hui dans leur développement professionnel. Se comporter, en somme, comme Roger Bambuck a pu le faire avec lui il y a trente ans.